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05 juin 2009 : Communiqué public CAOI

10 juin : Communiqué association INTI France

Message de Carmen Qorinina Minchan, Quechua du Pérou

25 juin : Communiqué d'INTI France

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La course au pétrole tue en Amazonie péruvienne

Des affrontements entre des Indiens amazoniens et les forces armées ont fait plus d'une cinquantaine de morts et de nombreux blessés et disparus, vendredi 5 juin dans le nord du Pérou. Les Indiens, qui bloquaient la route transamazonienne, ont retenu des policiers en otage. Les forces de l'ordre ont tiré sur les manifestants, utilisant même pour cela, selon certaines sources, des hélicoptères.

Ces affrontements sont l'aboutissement d'un conflit opposant les Indiens de la forêt au gouvernement Alan García à propos de l'exploitation des richesses pétrolières. D'immenses réserves ont été découvertes ces dernières années dans la région. Un « miracle » selon le président García qui multiplie les initiatives favorables à leur exploitation par les entreprises étrangères, dont la Perenco, groupe franco-britannique. Avec des conséquences tragiques pour des communautés de chasseurs-cueilleurs qui tirent leurs ressources de la forêt et des cours d'eau.

Les Indiens regroupés dans l'Association interethnique pour le développement de la forêt péruvienne, AIDESEP >>>, se sont mobilisés contre la destruction et la pollution de leur cadre de vie et, depuis plusieurs semaines, la tension ne cesse de monter. Ils ont reçu l'appui de nombreux secteurs de la population à travers le pays. Dès avant les événements de ces derniers jours, une mobilisation générale a été programmée pour le jeudi 11 juin.

Révolte des populations autochtones contre la dévastation de l'environnement

Le gouvernement manifeste sa volonté de passer coûte que coûte, d'ouvrir la voie aux compagnies en bafouant les droits reconnus aux communautés depuis les années 1970 (par le gouvernement militaire progressiste de Velasco Alvarado) et protégés par des conventions des Nations unies.

Ce qui se passe au Pérou est une illustration dramatique d'un problème devenu crucial dans l'ensemble de l'Amérique latine : l'exploitation du sous-sol et la dévastation de l'environnement au détriment des populations autochtones et de la biodiversité. Au Brésil, au Chili, en Colombie, au Guatemala… des groupes indiens s'opposent à des entreprises d'exploitation des ressources pétrolières, minières ou forestières.

En Equateur, des communautés amazoniennes ont intenté un procès « historique » à la Texaco qui a provoqué un véritable désastre écologique dans une vaste région. On n'avait jamais vu des communautés amazoniennes intenter un procès à une grande multinationale et encore moins des tribunaux se montrer sensibles à leurs arguments (une décision finale est attendue prochainement).

Plusieurs gouvernements latino-américains ont pris la mesure du problème et s'efforcent d'avancer vers des solutions négociées. C'est le cas, en Bolivie, du président indien Evo Morales qui a renationalisé les réserves d'hydrocarbures et renégocié avec les entreprises étrangères les conditions de leur exploitation, afin d'assurer une redistribution plus équitable des bénéfices, à travers notamment des programmes de développement, d'éducation et de santé pour les populations concernées.

Le président équatorien Rafael Correa a, quant à lui, proposé de geler l'exploitation d'une région entière en Amazonie pour des raisons écologiques et en échange de contreparties financières de la part de la communauté internationale.

Au Brésil, une décision récente de la Cour Suprême est venue confirmer un arrêté du président Lula reconnaissant un immense territoire à des groupes indiens dans le nord de l'Amazonie et freinant ainsi la pénétration des chercheurs d'or ou des trafiquants de bois (au total, ce sont 13% de la superficie du Brésil qui sont aujourd'hui constitués en « territoires indiens »).

Les mouvements indiens qui se sont développés dans l'ensemble de l'Amérique latine dans les dernières décennies ont obtenu des avancées importantes dans nombre de pays, y compris la reconnaissance de droits territoriaux. Le sous-sol cependant reste propriété de la nation et le plus souvent son exploitation est confiée à des compagnies nationales ou multinationales qui pillent et saccagent sans considération ni pour les occupants ni pour l'environnement.

Pour la défense des droits des peuples indigènes et de la biodiversité de l'Amazonie au Pérou, patrimoine de l'humanité.

Les communautés indigènes natives de l'Amazonie péruvienne, rassemblées dans l'Association Inter ethnique pour le développement de la forêt péruvienne » (AIDESEP), ont entamé depuis le 9 avril 2009 une grève générale en réponse aux décrets législatifs (DL) 994, 1064, 1020, 1081, 1089, 1090, 1083, 1060 et 997, émis par le gouvernement du président Alan garcía dans le cadre de la mise en œuvre des Traités de Libre Commerce signés avec les Etats Unis et avec la Chine, et en vue du futur Accord d'Association bilatérale avec l'Europe.

Les DL émis par le gouvernement menacent les droits des populations autochtones et la biodiversité de la forêt. Plus du 60% de la superficie du Pérou est constituée par la forêt amazonienne. 70% de celle-ci a été divisée en lots attribués par le gouvernement aux multinationales pour la prospection et/ou l'exploitation d'énergies fossiles et de minerais. Ces lots se trouvent en grande partie dans des zones classées « réserves naturelles » ou sur les territoires habités par les peuples indigènes. Les effets de cette exploitation sur l'environnement et la santé des populations sont d'une extrême gravité. Ces DL prévoient également la mise en vente des terres de la forêt aux multinationales liée aux filières des agro-combustibles, de l'eau, de la cellulose, des cultures transgéniques et ouvrent les portes à la bio-piraterie. Actuellement, 4 millions d'hectares de terres de la forêt sont mis en vente.

La forêt amazonienne péruvienne représente une réserve de la biodiversité mondiale, et elle est un rempart contre le réchauffement de la planète. Personne n’a le droit de l’utiliser à des fins de spéculation financière. Les populations natives qui vivent dans ces régions détiennent l’expérience et les connaissances ancestrales du lieu, elles ont prouvé être les seules à avoir la maîtrise d'une gestion soutenable et « moderne » des ressources naturelles. Ces populations : ce sont des citoyens péruviens, mais aussi des citoyens du Monde. Entre l’avenir de la planète et les intérêts privés, le choix est simple…

Nous demandons donc au gouvernement d'Alan garcía:

  • L'abrogation immédiate de l'ensemble des 9 Décrets Législatifs attentatoires contre la vie des communautés indigènes natives, contre la biodiversité de l'Amazonie péruvienne, et contre le climat de la planète; le respect de la convention 169 de l'OIT relative aux peuples indigènes et tribaux, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones ainsi que de la Convention sur la Biodiversité Biologique dont le gouvernement péruvien est signataire,
  • La résolution pacifique du conflit, la fin de l'état d'urgence, la fin de la répression du mouvement de l’opposition aux DL et l’annulation du procès entamé contre ses dirigeants, Alberto Pizango Chota (président de AIDESEP), Saúl Puerta Peña, Marcial Mudarra Taki, Servando Puerta Peña, Daniel Marsano Campos y Teresita Antaza López,
  • La mise en place d'une politique répondant aux besoins des populations natives délaissées par tous les gouvernements pendant des siècles et vivant en situation d'extrême pauvreté.

Depuis 57 jours les populations indigènes de l'Amazonie péruvienne mènent une grève générale pacifique, en réaction à onze décrets pris par le gouvernement péruvien, favorables aux Traités de Libre Commerce et attentatoires à leurs droits et à l’environnement. En réponse, le gouvernement d’Alan garcía a lancé vendredi 5 juin à l’aube une attaque d’une violence incroyable sur les manifestants qui occupaient depuis 10 jours la route Belaunde Terri, dans l'endroit nommé la « Curva del Diablo », dans le département d'Amazonas, au nord du pays. Selon les dernières informations dont nous disposons, cette attaque a causé la mort de trente deux personnes dont 25 indigènes et 7 policiers. La police et l'armée ont lancé depuis des hélicoptères des bombes lacrymogènes et ont tiré sur les manifestants, ces derniers se sont défendus.

Ce massacre s'est produit quelques heures après que le congrès péruvien ait pour une énième fois reporté le débat sur l'abrogation des décrets législatifs incriminés. Le gouvernement d’Alan garcía refuse en effet d'entamer un dialogue réclamé par les communautés indigènes depuis le début de la crise. Selon la presse un mandat d'arrêt à été lancée contre tous les dirigeants de l'Association Interethnique pour le Développement de l'Amazonie Péruvienne (AIDESEP), dont Alberto PIZANGO son président, que le gouvernement d'Alan garcía accuse de comportements de délinquant. Ce n'est pas la première fois que Alan garcía se rend responsable d'un massacre sur des populations civiles, lors de son premier gouvernement il s’était illustré en 1986 par le massacre des prisonniers du « Fronton ».

Nous condamnons fermement ces crimes, et nous demandons que toute la lumière soit faite sur la responsabilité du gouvernement d'Alan garcía, commanditaire de cette intervention armée.

Nous exigeons du gouvernement péruvien :

  • l’arrêt immédiat de la persécution des dirigeants de l'AIDESEP,
  • le retrait des décrets incriminés,
  • la suspension de l’Etat d’urgence,
  • vérité, justice et réparation pour les victimes,

Au moment où l’Europe est train de négocier des accords commerciaux avec le Pérou, nous demandons instamment aux responsables européens et au gouvernement français de condamner le gouvernement péruvien pour ses agissements.

 

hélicoptères
 
cadavres
 
 
 
chars
 
répression violente
 
De nombreux blessés
 
victimes brulées
 
Victimes brulées
 
Corps brulés
 
autre victime